Une couleur ne s'use pas comme une matière : elle pâlit. Et contrairement à une tache, une couleur passée ne se nettoie pas — elle se reprend. Autant retarder l'échéance.
C'est de loin la première cause. Une paire laissée à sécher en plein soleil perd en une saison ce qu'elle aurait gardé des années à l'ombre. Le rouge et le bleu partent les premiers.
Le rangement compte autant que le séchage : à l'abri de la lumière directe, dans un endroit sec.
Sur les zones qui plient et qui frottent — le pli du chausson, la bordure de semelle — la couleur s'use mécaniquement. Rien à faire contre le port, mais tout à faire contre le brossage inutile : on ne brosse que là où c'est sale.
Beaucoup de produits « tout-en-un » contiennent de quoi dégraisser. Sur une couleur, cela l'éclaircit de façon irrégulière, et l'irrégularité se voit bien plus que la saleté d'origine.
Une teinte peut se reprendre : c'est un travail de peinture, pas de nettoyage, et le résultat dépend beaucoup de l'état de la matière en dessous. C'est exactement le genre de cas où une photo vaut mieux qu'une longue description.
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